Père et fils à la ville comme à l'écran
Publié le lundi 03 octobre 2011, 10:54 - modifié le 30/08/12 - Archives - Lien permanent
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À l'occasion de la sortie d'Un été brûlant par la famille Garrel, avec le père à la réalisation (Philippe) et le fils (Louis) dans le rôle principal, retour sur les films qui réunissent père et fils devant et derrière la caméra.
Aime ton père avec Gérard et Guillaume Depardieu, 2002

L'histoire : un fils (Guillaume Depardieu), ancien toxicomane, décide de régler ses comptes avec son père, écrivain célèbre (Gérard Depardieu)
Le père : On ne présente plus ce monument du cinéma, qui reprendra bientôt le rôle d'Obélix dans le prochain Astérix.
Le fils : Décédé en 2008, il débute aux côtés de son père comme figurant dans Pas si méchant (1974) , Jean de Florette (1986) et Cyrano de Bergerac (1990), puis comme acteur, dans Tous les matins du monde d'Alain Corneau. Il remportera (sans l'aide de Papa cette fois) le César du meilleur espoir masculin en 1996 pour le film Les apprentis. Écorché-vif dans tous les sens du terme, il sombre dans la délinquance, la drogue et doit se faire amputer de la jambe en 2003 des suites de son accident de moto de 1995.
Bilan du film : Alors règlement de compte chez les Depardieu ? Pas du tout malgré les ressemblances entre Guillaume et son personnage. Gérard Depardieu, lui-même déclarait à la sortie du film : "Nous n'avons pas du tout cherché à lui substituer notre histoire personnelle". En réalité, le film traite de la relation du réalisateur Jacob Berger avec son père.
Wall Street avec Martin et Charlie Sheen, 1987

L'histoire : Un jeune trader, Bud Fox, (Charlie Sheen) réussit à attirer les faveurs d'un magnat de la finance sans scrupule en lui proposant un projet destiné à sauver la compagnie d'aviation dans laquelle travaille son père (Martin Sheen).
Le père : De son vrai nom, Ramon Estevez, il s'impose dans des films cultes comme Apocalypse now, Gandhi, JFK et Les infiltrés. Il jouera le rôle d'Oncle Ben dans le prochain Spiderman. Il est le père d'un autre acteur : Emilio Estevez.
Le fils : Il fait ses débuts au cinéma sans papa dans L'aube rouge de John Millus en 1984 et décroche un rôle dans Platoon d'Oliver Stone en 1986. Après Wall Street, on le verra dans les comédies Hot shots !, premier et deuxième épisode (1991 et 1993). Mais il connait le véritable succès grâce aux séries télé : Spin City tout d'abord, puis Mon oncle Charlie dont il est viré suite à des problèmes de drogue. Aujourd'hui apparemment assagi, il prépare son retour à la télévision et au cinéma.
Bilan du film : Le réalisateur Oliver Stone réalise avec Wall Street un hommage à son propre père, courtier en bourse.
Une si belle famille avec Kirk et Michael Douglas, 2003

L'histoire : Les problèmes de communication entre père et fils vus sur trois générations avec le grand-père (Kirk Douglas), le père (Michael Douglas) et le petit-fils (Cameron Douglas, fils de Michael).
Le père : Il a connu l'apogée de sa carrière dans les années 50 et 60. Vu notamment dans Les sentiers de la gloire (1957) et Spartacus (1960) de Stanley Kubrick, Vingt mille lieues sous les mers(1954) de Richard Fleischer et Règlement de comptes à O.K. Corral (1957) de John Sturges, il est maintenant à la retraite à 95 ans.
Le fils : Il fait ses débuts au cinéma comme assistant-réalisateur du film Seuls sont les indomptés (1962), produit et interprété par son père. Il s'illustre tout d'abord comme producteur (métier qu'il n'abandonnera jamais) avec le culte Vol sur un nid de coucou en 1975. Sa carrière d'acteur ne décolle qu'en 1984 avec À la poursuite du diamant vert. Il connaît ensuite le succès avec notamment Liaison fatale (1987), Wall Street (pour lequel il gagne un oscar) la même année, La guerre des Roses (1989), Basic Instinct (1992) et Harcèlement (1994). A partir des années 2000, il continue à tourner et à produire mais ne remporte plus le même engouement.
Le petit-fils : Chez les Douglas, les problèmes de drogue auront sauté une génération et c'est le petit-fils qui s'y colle : il est actuellement incarcéré pour trafic de drogue.
Bilan du film : Il a fallu attendre 2003 pour voir réuni les deux acteurs dans un film sur les relations familiales. Malheureusement, le rendez-vous est manqué avec un film passé inaperçu.
À la recherche du bonheur avec Will et Jaden Smith, 2006

L'histoire : Un père (Will Smith) et son fils (Jaden Smith) se retrouvent sans domicile fixe suite à des problèmes financiers.
Le père : Révélé dans la série télé Le prince de Bel-Air après avoir commencé sa carrière dans la chanson, il enchaine les succès à partir de 1995 : Bad boys, Independance Day (1996), Men in black (1997), Wild Wild West (1999) et plus récemment I, Robot (2004) et Hancock (2008).
Le fils : Encore au début de sa carrière, on l'a vu dans Le jour où la terre s'arrêtera (2008) et The Karaté Kid (2010) où il tient le rôle principal aux côtés de Jackie Chan.
Bilan du film : Le film marque le début de la carrière cinématographie que Jaden Smith. Alors piston de papa ? Apparemment non puisque le jeune garçon a été choisi parmi une centaine d'enfants auditionnés pour le rôle. Et ce choix s'est avéré le bon : permettant à Will Smith de faire naître en lui des émotions plus fortes et au réalisateur de filmer une réelle complicité père-fils. Bon à prendre quand on réalise un film inspiré d'une histoire vraie !
Au bout du bout du banc de Peter Kassovitz et avec Mathieu Kassovitz, 1978

L'histoire : Comme chaque année se réunissent les quatre générations de la famille Oppenheim, à l'occasion de l'anniversaire de l’aïeul.
Le père : D'origine hongroise, Peter Kassovitz quitte son pays à 18 ans pour rejoindre la France. Après avoir réalisé quelques long-métrages, il réalise essentiellement des téléfilms et des épisodes de séries télé.
Le fils : Il connait son premier succès en tant que réalisateur avec La haine (1995), puis réalise Assassin(s) (1997), Les rivières pourpres (2000), Gothika (2003) et Babylon A.D. (2008). Il continue sa carrière d'acteur en parallèle : on le voit dans Le fabuleux destins d'Amélie Poulain (2001) de Jean-Pierre Jeunet, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre (2001) d'Alain Chabat et Munich (2005) de Steven Spielberg.
Bilan du film : Le film marque les débuts de Mathieu Kassovitz comme acteur. Merci, Papa qui ne signe pas un film complètement autobiographique mais un peu.
Conclusion

Qu'ils y règlent potentiellement leur compte, se servent de leur relation pour faire naître plus d'émotions et de complicité ou pour mieux décortiquer les relations familiales, il n'est jamais anodin qu'un réalisateur se paie un casting père/fils à la ville. L'influence des pères sur les débuts de carrière n'est pas anodine non plus ! Louis Garrel ne déroge pas à la règle : il débute dans les films de son père (Les ministères de l'art en 1988 et Les baisers de secours en 1989). À ce jour, Un été brûlant est le 5e film où Philippe Garrel met en scène son propre fils. Quant aux duos père-fils qui n'ont pas encore été réunis, à quand celui de Donald et Kiefer Sutherland ou encore de Hayao et Goro Miyazaki (réalisateurs de films d'animation) ?